Cornelio Fabro et la philosophie théorétique de Jacques Maritain

Dans cette étude, qui fait suite à d’autres travaux sur les convergences et les divergences entre les thomistes du xxe siècle, nous avons voulu offrir aux lecteurs de la revue Espíritu une brève comparaison structurelle entre la philosophie théorétique de Jacques Maritain et celle de Cornelio Fabro. Notre propos s’articule en deux étapes: 1. la critique du cogito cartésien et de ses avatars postérieurs; 2. l’analyse métaphysique de l’étant. Sous ce dernier rapport, nous expliquons de quelle manière les deux philosophes s’opposent, d’abord quant au statut ontologique et noétique de “l’étant premier connu”, ensuite quant aux principes –acte d’être et essence– en lesquels se résout “l’étant en tant qu’étant”

La science de l’Ipsum Esse subsistens

En el siglo xiii, la cuestión de la ciencia divina se centraba en el problema de su extensión, es decir, en la justificación de la omnisciencia divina. Puesto que Dios conoce a las criaturas conociéndose a sí mismo como su causa, todos convienen en reconocer un vínculo entre la extensión de la ciencia divina y la de la causalidad divina. Ahora bien, dado que el efecto propio de la causalidad divina es el ser, solo la concepción tomasiana del ser como un acto intensivo, “acto de actos”, permite fundamentar la universalidad de la causalidad divina y, en consecuencia, la omnisciencia.

L´analyse de l´étant et le constitutif de la personne dans le thomisme du XXe siècle

Plusieurs travaux relativement récents ont fait apparaître de plus en plus clairement que les thèses métaphysiques les plus fondamentales de saint Thomas d’Aquin ont fait l’objet, tout particulièrement depuis les années Trente du xxe siècle, d’interprétations non seulement divergentes, mais aussi contradictoires. Or la culture d’inspiration catholique a été marquée, au cours de la même période, par un fort intérêt pour l’ontologie de la personne, ce qui s’explique aisément dans le contexte des idéologies déshumanisantes, qu’il s’agisse des totalitarismes de naguère ou du relativisme d’aujourd’hui. Il faut donc s’attendre à ce que les thomistes aient développé des conceptions assez différentes de la personne, et c’est précisément ce thème que nous voudrions traiter dans la présente étude.